Dans
le cadre du projet « Livres en Mains », les élèves de
la classe de CE2CM1CM2 de l'école de Charancieu ont écrit des
textes en s'inspirant d'un livre de l'auteur et ethnologue Jean-Yves
LOUDE.
Les
élèves ont lu des extraits de son livre « Princes des
Fatras » qui raconte la volonté des habitants de Cité Soleil
à Haïti après le tremblement de terre de 2010 pour survivre et
mieux vivre.
Dans
le livre, le tremblement de terre est appelé le goudougoudou. C'est
un nom ridicule que lui donnent les Haïtiens pour dédramatiser le
terrible événement.
Cette
idée a plu aux élèves.
Les
élèves ont listé leurs peurs. Chaque groupe a choisi une de ces
peurs.
Chaque
groupe a ensuite inventé un nom et l'histoire de ce nom.
Voici
les textes.
Cécile, enseignante
Des
peurs aux doux noms ridicules
Classe
de CE2CM1CM2, école de Charancieu, mars 2017
le
CRABAGNOUM
C’est
une voix qui nous appelle, inconnue, qui nous inquiète mais qui nous
attire.
C'est
le client de Fabrice qui nous a raconté son histoire. Ça lui est
arrivé à lui.
Il
était dans son lit en pyjama. Il n'était qu'une jeune garçon de 12
ans à l'époque. Il commençait à rêver et il entendit des voix
qui l'appelaient du miroir. Il se leva, s'observa dans le miroir et
vit qu'il était bizare en lui.
Douze
ans plus tard, alors âgé de 24 ans, au moment de se coucher, il
entendit du bruit dans son lit. C'étaient des cafards. Il les enleva
mais entendit une voix : « Viens, viens,
suis-moi ! » Il ouvrit la porte d'entrée, sortit de la
maison et se mit à marcher sur le sentier qui passait devant chez
lui et qui mène à Saint-Jacques de Compostelle. La nuit devenait de
plus en plus noire à cause du brouillard. Il décida de faire
demi-tour mais il se promit qu'un jour il ferait le chemin jusqu'à
Saint-Jacques de Compostelle pour savoir d'où venait cette voix.
Ainsi,
en 2016, alors qu'il habitait à Lyon, il décida de faire le chemin.
Il y est arrivé. Il a vu le tombeau de l'apôtre. Et là, il
entendit la même voix que dans son enfance : « Ne pars
pas. Aide-moi à sortir de l'enfer. » Il lui demanda de
résoudre l'énigme suivante : tu dois créer une boule de
feu. »
Il
écrivit : « ... » comme un Dingbat.
La
voix disparut. Il avait délivré l'esprit.
Il
rentra chez lui et décida de raconter son histoire dans un livre.
C'est
là qu'on a entendu son histoire.
Carla,
Enzo, Mathias, Maryse, Lou,
Cécile (adulte)
le
SPITAYA
C’est
quand quelqu'un voit une araignée, il est tellement effrayé qu'il
devient fou.
C'est
Alexandre, le cousin d'Arthur qui habite à Saint-Pierre de la
Réunion qui lui a raconté cette manie : Arthur a été étonné
de voir sur le marché de Saint-Pierre autant de pitayas, délicieux
fruits tropicaux rouges mélanges de kiwi et d'ananas, qu'il lui a
demandé ce qui se passait.
Alexandre
lui a expliqué que les Créoles avaient tellement peur des araignées
qu'ils leur offraient des pitayas. Là-bas, si on regarde une toile
d'araignée et qu'on voit sa tisseuse, alors on ne dispose que de 5
minutes et 20 secondes pour déposer un morceau de pitaya dans sa
toile sinon on risqaue de devenir fou.
Mélisse,
Arthur, Adrien, Maëlyne,
Cécile (adulte)
un
ACCIDOUDOU
Je
suis un ethnologue. Lors de mon dernier voyage en Himalaya, j'ai
rencontré 2 ados : Tanuk et Diwa. Ils m'ont parlé de leur vie
avec leurs paroles. Ils employaient souvent le mot « accidoudou ».
Je ne comprenais pas le sens de ce mot et j'ai demandé des
explications.
C'est un mot qu'ils avaient inventé pour oublier la
peur des accidents qui étaient arrivés dans leur village, et qui
avaient tué ou blessé de nombreuses personnes de leur compagnie.
Dans
les montagnes, il y a des tremblements de terre, les maisons peuvent
s'écrouler, les pierres chutent des sommets. Les animaux sauvages et
dangereux peuvent vous blesser. Il y aussi souvent des accidents de
chasse ou de pêche.
Ce
mot est plus amusant, plus doux et leur permet de se rassurer.
Maïlys,
Abel, Dérine, Korantin, Marie-Christine (adulte)
le
Gling-gling
Jean-Yves
est allé au Brésil pour observer les serpents. Mais il sait qu'il
en a très peur. Il traverse aussi une forêt pour rejoindre un
village. Tout-à-coup, il tombe sur une famille de serpents. Il
entend leurs sifflements terribles. Il est encerclé de serpents
marron, verts et gris. Il est terrorisé de peur. Il grimpe à un
arbre et saute de branche en branche et court vers le village.
Il
raconte son aventure au village en disant : « Les
gling-glings ont voulu m'attaquer, les gling-glings, les
glings-glings » et il n'arrive plus à raconter.
Depuis
ce jour, quand on a peur des serpents au Brésil , on dit qu'on a le
gling-gling.
Anthony,
Margaux, Mathis, Lucas,
Paulette (adulte)
le
Manamana
Jean-Yves
part au Canada en 1900. Il veut découvrir des chiens forts pour
tirer les traîneaux. Il traverse des prairies, des lacs gelés, des
forêts, il fait -20°C.
Dans
son sac, il a un poulet chaud. Des chiens ont senti la viande. Une
vingtaine de chiens arrive sur lui, ils attaquent. Jean-Yves lance
des boules de neige et crie : « Manamana, manamana, il
hurle et après et il le dit calmement et les chiens se couchent, il
les caresse.
Il
avait découvert comment amadouer les chiens de traîneaux.
Au
Canada, le manamana est la façon d'amadouer les chiens dont on a
peur.
Zélie,
Lilia, Manoa, Nathan,
Paulette (adulte)
le
POUSSI-POUSSA
Avoir
peur de grandir (vieillir) et de changer, avoir peur de l'avenir, de
devenir adulte.
Pendant
mon voyage à l'Ile Maurice, j'ai rencontré deux jeunes personnes,
un frère et une sœur, Poussa et Poussi-Poussa. Je me suis étonné
de ces surnoms et ils m'ont raconté leur histoire.
Poussi,
la sœur aînée, vendait des glaces à l'ananas sur la plage de
Knak, réservée aux touristes, pour aider sa famille à manger
correctement. Poussa avait une peur bleue de grandir et de devoir
servir lui aussi les touristes comme sa sœur. Son rêve était de
devenir capitaine d'un bateau. Mais il avait peur de devoir
travailler très jeune comme sa sœur aînée.
Il
profitait le plus possible de sa jeunesse et de sa liberté.
Un
jour, il s'est confié à sa sœur en lui expliquant sa peur. Elle
lui répondit pour le réconforter : « Ta peur, nous
allons la nommer Poussi-Poussa, le mélange de nos deux noms. »
Poussa
est devenu guide touristique. Il promène les touristes sur son
bateau. Sa sœur leur vend des glaces pendant la balade. Quand les
petits touristes lui disent qu'ils veulent rester des enfants pour
s'amuser plus longtemps, il leur répond : « Tu as
Poussi-Poussa, ne t'en fais pas. Réalise tes rêves, tu grandiras
heureux. »
Cléa,
Eléa, Maëlle,
Maëlys, Léa,
Marie-Christine (adulte)
Ces créations ont donné lieu à des productions en arts plastiques, pour les mettre en valeur lors de l'exposition de Velanne du festival.
Quelques oeuvres et créations réalisées par les autres classes :
Rendez-vous en 2018 on l'espère. Pourquoi pas à Charancieu dans notre toute nouvelle et grande salle municipale ?
L'association a besoin de bénévoles. Si vous connaissez des gens intéressés par les livres et plus particulièrement par la littérature Jeunesse, n'hésitez pas à leur en parler. Le travail réalisé en français (lecture et production d'écrits) avec les élèves grâce à cette action est énorme et tellement bénéfique que ça serait dommage que cela s'arrête.
Cécile, enseignante